
À première vue, l’éventualité peut sembler incongrue : peut-on réellement parler breton à ses enfants quand on ne l’a pas appris soi-même dans l’enfance ? Pourtant, les travaux en linguistique et en éducation sont formels : oui, c’est envisageable — et même a priori souhaitable.
Une langue se transmet d’abord dans la sphère familiale
Les spécialistes de l’éducation rappellent que l’enfant est d’autant plus à l’aise dans ses apprentissages qu’il est immergé dès son plus jeune âge dans son mode de communication familiale. Selon l’UNESCO, l’enfant est beaucoup plus en mesure de développer ses capacités d’expression, d’écoute, de compréhension et de participation si sa langue maternelle est effectivement celle qui est mise en œuvre dans son milieu de vie quotidien . En d’autres termes, une langue ne s’épanouit que quand elle devient une ressource de l’« interaction », dans le quotidien de l’être humain : parler, narrer, jouer, échanger.
Cela vaut pour toutes les langues, y compris le breton.
Le bilinguisme n’est pas source de confusion (bien au contraire)
Contrairement à ce que l’on pense encore largement , parler deux langues à un enfant ne le trouble pas. En effet, les études montrent que les enfants bilingues développent :
– une plus grande flexibilité cognitive ;
– une plus grande attention ;
– une meilleure réflexion sur le fonctionnement de la langue
Par ailleurs, un bon développement dans la langue maternelle favorise l’apprentissage d’une autre langue, ici le breton. Les deux langues ne s’opposent pas, elles se soutiennent.
Faut-il être bilingue pour transmettre ?
Non, et c’est essentiel de le souligner.
Les chercheurs indiquent qu’il n’y a pas besoin d’être parfaitement bilingue mais ce qui compte c’est l’exposition à la langue la plus fréquente possible et la qualité des interactions. Parler, mais pas parfaitement, raconter des histoires, utiliser quelques phrases quotidiennes… tout cela construit les bases linguistiques de l’enfant.
Il existe des méthodes simples, comme le principe une personne = une langue avec chaque parent utilisant une langue au quotidien.
Transmettre, c’est aussi établir un lien.
La langue maternelle ne sert pas seulement à communiquer : elle structure aussi la pensée, affecte les émotions et influence le rapport au monde.
Transmettre le breton à ses enfants, c’est donc plus qu’un apprentissage linguistique. C’est leur donner :
- un lien avec leur territoire et leur culture
- une richesse cognitive
- une autre manière de comprendre le monde
Mais comment concrètement ?
On peut parler breton à ses enfants même si on l’apprend à l’âge adulte. Chaque mot transmis, chaque phrase prononcée, fortifie la vie du breton dans la famille, dans la société.
Apprendre le breton aujourd’hui, c’est le permettre à ses enfants de le vivre demain. C’est pourquoi Skol an Emsav propose des formations de breton ouverts à toutes et tous. Que l’on ait des racines bretonnes ou non, il est possible de se réapproprier cette langue, par curiosité, par engagement culturel ou simplement par envie.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://skolanemsav.bzh/apprendre-le-breton/
Thèse de Katell Chantreau « Transmettre une langue minoritaire autochtone à ses enfants : le cas du breton » https://theses.fr/2022REN20018
Sources :
UNESCO :
Why mother language-based education is essential
Enhancing learning for children from diverse language backgrounds
Mother tongue and early childhood care and education
New UNESCO report calls for multilingual education to unlock learning
How literacy and mother languages are empowering communities
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